Voyage Gravel : conseils et limites à anticiper
Le confort, entre route et randonnée. Le gravel occupe une position intermédiaire entre le vélo de route et le vélo de randonnée. La posture est moins radicale que sur un pur vélo de route, mais plus engagée que sur un vélo de randonnée classique. On bénéficie d’une bonne efficacité au pédalage, tout en conservant une certaine stabilité lorsque le vélo est chargé.
Certains choisissent le gravel pour cette position dynamique et la sensation de rendement. D’autres préféreront le confort plus droit et plus tranquille du vélo de randonnée. Là encore, il s’agit d’un choix personnel.
La question du braquet
Le braquet correspond au rapport entre le nombre de dents du plateau et celui du pignon. Plus ce ratio est faible, plus il est facile de pédaler en montée, même lorsque le vélo est chargé. Prenons un exemple concret.
Un Compagnon Gravel équipé en Shimano GRX 600 en 2×11, avec un pédalier 46/30 et une cassette 11/34, offre un ratio minimal de 30 divisé par 34, soit environ 0,88. Un Compagnon Randonneur en Shimano Cues U6000, avec un pédalier 40/26 et une cassette 11/45, descend à un ratio de 26 divisé par 45, soit environ 0,57.

Plus le chiffre est bas, plus il est facile de “mouliner” à très basse vitesse en forte pente. On comprend donc que le vélo de randonnée permet d’affronter des pourcentages élevés avec une charge importante plus facilement qu’un gravel standard. Le gravel se situe entre le vélo de route, souvent plus exigeant en montée chargé, et le vélo de randonnée, pensé pour la haute montagne avec bagages.
Pourquoi ne pas monter une transmission VTT pour un voyage en gravel ?

La question paraît simple. Pourquoi ne pas installer directement une transmission plus courte sur un gravel pour en faire un vélo ultra-polyvalent ?
La réponse tient en grande partie au poste de pilotage. Un gravel utilise un cintre route, avec des manettes spécifiques compatibles avec des dérailleurs route ou gravel. Chez Shimano, par exemple, les groupes GRX ne sont pas directement compatibles avec les dérailleurs VTT classiques. On ne peut donc pas mélanger librement transmission VTT et manettes route.
Avoir une transmission VTT sur son gravel grâce au cintre Surly Corner Bar
Il existe cependant des solutions hybrides. Le cintre Surly Corner Bar, que nous avons testé, permet d’utiliser une transmission VTT tout en conservant une position proche du dropbar. Cela ouvre la possibilité d’obtenir des développements plus courts sur un vélo à posture sportive, une option intéressante pour ceux qui roulent en terrain très montagneux chargé.
Les pneus, un élément clé du voyage à vélo en gravel

L’un des grands atouts du gravel réside dans la section de pneus qu’il accepte. Là où un vélo de route est souvent limité à 28 ou 32 mm, un gravel peut accueillir du 35, 40 voire 45 mm, parfois davantage selon les cadres.
Une section de 40 mm représente souvent un excellent compromis. Elle offre confort, stabilité et polyvalence, tout en conservant un bon rendement. En dessous de 35 mm, on se rapproche davantage d’un usage routier. Au-delà de 45 mm, on s’oriente vers une pratique plus engagée en tout-terrain.
Le profil joue également un rôle majeur. Un pneu semi-slick comme le Hutchinson Touareg offre un bon équilibre entre accroche et rendement. Le Hutchinson Caracal privilégie davantage la vitesse sur terrain roulant, avec des crampons latéraux discrets. Le Schwalbe G-One Allround est réputé pour sa durabilité et sa polyvalence.
Il faut également garder à l’esprit que tous les cadres n’acceptent pas les mêmes sections. Le dégagement est un point à vérifier avant tout choix.
Faut-il rouler en tubeless en voyage gravel ?
Tubeless or not tubeless ? La question revient sans cesse. Le tubeless présente des avantages indéniables : il permet d’éviter la plupart des petites crevaisons, autorise des pressions plus basses et améliore le confort. Sur un terrain “miné”, plein d’épines ou de petits débris coupants, il peut être redoutablement efficace.
En revanche, lorsqu’un problème plus sérieux survient, la réparation peut devenir plus complexe. Faire claquer un pneu avec une simple pompe à main n’est pas toujours évident. Le liquide préventif peut être salissant, et il reste indispensable d’emporter au moins une chambre à air en secours.
Pour une itinérance courte et sportive, le tubeless peut être un excellent choix. Sur un voyage très long, isolé, il peut représenter un pari plus risqué. Tout dépend du niveau d’autonomie et de la capacité à gérer les imprévus mécaniques.
Capacité de portage : un critère déterminant
Tous les gravels ne sont pas conçus de la même manière. Certains disposent d’inserts pour porte-bagages, d’œillets pour garde-boue ou de fixations sur la fourche permettant d’installer des supports type anything cage.
Avant de choisir un gravel pour voyager, il faut s’interroger sur sa manière de voyager. En mode bikepacking léger, la question des inserts est secondaire mais peut offrir des options supplémentaires. En mode cyclotourisme avec porte-bagages, leur présence devient indispensable.
